Aller au contenu
×
×
  • Créer...

Le chien qui lèche après avoir mordu :


S.Rault
 Partager

Messages recommandés

Le chien qui lèche après avoir mordu :

Stop aux confusions !

 

Par Michel Quertainmont et Danièle Mirat comportementalistes

 

A retenir

 

1- En cas de morsure même légère, les léchouilles ne sont pas une demande de pardon. C’est un code social canin qui a comme objectif de réduire les tensions et mettre fin au conflit. Mal le comprendre amène à mal gérer la situation.

 

2- Nos bisous, embrassades et câlins ne sont pas perçus de cette manière par le chien, qui peut y voir une contrainte ou une menace. Ces gestes mal compris qui contraignent ou dérangent, installent parfois petit à petit chez l’animal, inquiétude et méfiance : et donc une réactivité exacerbée.

 

 

 

En léchant, le chien exprime son rang social

 

En léchant un congénère ou un humain, un chien exprime son état émotionnel, son rang social et ses intentions. Dire que ce comportement est amical est juste, mais bien trop réducteur au risque de se méprendre sur le message qu’il peut parfois transmettre.

 

Heureusement sans trop de gravité, Saxo a mordu Xavier qui en est encore choqué et perplexe quand il explique :

 

«Je n’ai rien compris, tout s’est passé très vite. Saxo m’a mordu au bras, et sitôt après il s’est mis à me faire des léchouilles -comme pour s’excuser-. D’abord en colère d’avoir été mordu, je me suis un peu radouci quand Saxo s’est mis à me lécher. Spontanément j’ai alors voulu caresser mon chien, et là comble de tout, il m’a remordu une 2è fois ! »

 

Xavier a fait fausse route en interprétant comme une repentance, les léchouilles de Saxo juste après sa morsure. En voulant y répondre par une caresse en tendant la main vers son chien, c’est au tour de celui-ci d’être surpris, de ne pas comprendre un tel comportement et de remordre à nouveau.

 

La méconnaissance des codes sociaux canins et l’anthropomorphisme vont induire ces réactions malheureuses en cascade. Ça n’est qu’après étude des circonstances de l’incident et examen du type de relation qu’il entretient avec Saxo, que Xavier voit apparaître une réalité canine lui faisant mieux comprendre son compagnon.

 

 

Assigner une place au chien

 

Plutôt permissif au quotidien avec son chien, le jeune homme n’avait jusqu’ici jamais jugé bon de lui assigner une place précise de repos, le laissant à son aise utiliser canapé, lit ou fauteuil, trop content de profiter de sa chaude présence.

 

Ce soir là, quand Xavier a voulu se faire une place sur son canapé près de son chien, Saxo dérangé s’en est indigné, et s’est mis à gronder (comme parfois paraît-il !) Indigné à son tour, Xavier insiste… et c’est là que Saxo pas décidé à céder la place qu’il occupe, lance un rappel à l’ordre (selon ses codes sociaux canins) avec une morsure brève autant qu’inattendue, qui fait reculer son maître.

 

Suite au retrait ébahi de Xavier, Saxo s’est alors mis à lui lécher le bras qu’il venait de mordre, pour l’apaiser comme il l’aurait fait sur un congénère qui se serait soumis devant sa démonstration d’autorité physique.

 

Si Xavier n’avait pas interprété les léchouilles de son animal comme une -demande de pardon- mais bien au contraire comme le message d’apaisement d’un canidé dominant à son dominé qui se soumet, il ne se serait pas permis d’insister davantage, avec une caresse sur la tête de surcroît.

 

Saxo a vécu cette flatterie comme une insistance de son maître. C’était pour lui un message contradictoire et donc suspect, auquel il a réagit par un 2è rappel à l’ordre (une morsure de plus !)

 

Selon les codes régissant les conduites entre canidés, pour Saxo à qui il était offert d’occuper librement cet espace (cela signifiant donc privilège de la dominance canine) il n’était pas acceptable de se faire déplacer par Xavier. Menacer pour l’en empêcher et mordre son maître parce que celui-ci insiste au lieu de céder devant les menaces, s’explique donc légitimement. Ensuite, derrière ses léchouilles, et toujours selon les codes sociaux canins, si Saxo avait reçu l’attitude basse et soumise de Xavier, il n’aurait pas « dû » le rappeler à l’ordre une 2è fois en le remordant.

 

La responsabilité de Xavier est grande puisque c’est sa mauvaise organisation des rapports avec son animal, qui porte celui-ci à des conduites agressives aussi incomprises qu’inacceptables.

 

En l’occurrence, il n’était pas tant question que Saxo n’occupe pas fauteuils et canapé, mais de lui faire intégrer qu’il n’est pas de son droit d’en disposer librement, ce qui fait toute la différence dans l’organisation de la relation.

Ailleurs que dans cette idée de pardon, les léchouilles sont aussi souvent interprétées comme des marques d’affection, bisous, câlins, etc. En toute logique les réponses qui sont alors données au chien sont affectives elles aussi, et pour un échange harmonieux semble-t-il. Ce qui est parfois le cas mais pas toujours, car en réponse aux léchouilles, une embrassade peut être perçue par le chien comme une tentative de contrainte sur lui, un bisou peut surprendre ou être vécu comme une menace !

 

Ex : le maître de Woba, qui s’est vu sanctionné par une morsure à la lèvre, en voulant répondre aux sollicitations de son compagnon, par un bisou sur l’encolure.

 

Mal gérées, les séances de brossage comme que les séquences de jeux proposées au chien peuvent rapidement devenir aussi le terrain favori des situations morsure/léchage. Là encore, le maître se persuade qu’il s’agit d’une réaction distraite ou d’un mauvais contrôle accidentel suivi de la culpabilité de son animal. Mais la situation évolue et le chien en vient à avoir ces mêmes comportements dans d’autres circonstances.

Le soutien du comportementaliste pour l’aide à la réorganisation des rapports avec le chien, s’avère alors indispensable.

 

 

 

Erreurs à ne pas commettre

 

Tenter de sanctionner le faux « repenti », comme essayer de le rassurer, maintient le malentendu et peut avoir comme effet de générer la crainte anxieuse de l’animal et d’envenimer la situation de conflit.

 

Méconnaître les conduites sociales canines en général, comme se fier aux idées reçues sur un comportement quel qu’il soit, qui ne peut jamais être isolé de son contexte si l’on veut s’expliquer ce qu’il peut « caninement vouloir dire », risque d’exposer à de fâcheuses surprises.

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Merci de nous rappeler (à juste titre) que ce sont des chiens et nous, des humains et que chacun a son code de conduite... on ne parle pas le même "langage", ce qu'on oublie trop souvent ! super ce post ! j'ai appris des choses !

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

oui et je pense que beaucoup d'entre nous vont se reconnaitre là dedans.... :wink:

 

Bianca grogne quand on veut la déplacer, c'est une dominante, ca je le sais, mais ca lui est arrivé si on lui appuye sur une patte qu'elle veuille mordre (soit de mal soit de peur... de mal je pense plus car elle a des médocs pour l'arthrose) , et bien après, elle lèche tout de suite....et..... je la caresse.... :wink: mais elle remort pas elle.... :lol:

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

et bien, je sait maintenant pourquoi mon si gentil Oscar m'as mordu ( gentiment) un soir ou je me suis penché sur son panier! :oops:

j'étais tellement surprise, que je me suis éloigné toute déconfite, mais en me disant qu'il devait avoir une raison....de chien.... pour faire ça, et je n'ai jamais recommencé!!

:roll: qu'est ce qu'on fait comme bétises quand on veut les aimer comme des enfants humains!!

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Excellent ! merci pour ce cours très instructif !je sais maintenant pourquoi mon Mamouth me crognait lors de séances bisous .....................inconfortable pour lui .....................heureusement que j'ai chaque fois respecté sa mauvaise humeur ................donc a ne plus faire MERCI :D

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

 Partager

  • En ligne récemment   0 membre est en ligne

    Aucun utilisateur enregistré regarde cette page.