Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Cani-Seniors

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Alise ou le chien qui ne devait pas mourir…..

Featured Replies

Posté(e)

Voici l’histoire du courage inouï qu’avait déployé ce chien pour répondre à la demande faite par sa maîtresse: celle de ne pas mourir.

 

Savoir leur faire le monde compréhensible le temps que nos chiens sont là est notre tâche quotidienne.

 

Ensuite, savoir les laisser partir quand leur heure est venue est la plus dure épreuve que connaissent ceux qui en sont amoureux.

 

"J'ai bien connu une chienne et sa maîtresse qui ne pouvaient pas se séparer, et ceci est mon témoignage de l'aide que j'ai essayé de leur apporter au pas de cette ultime porte.

 

 

Alise la Setter Gordon et la vieille dame vivaient une relation quasi fusionnelle depuis des années, et l’une vivait mal sans l’autre. La vieille dame disait bien que sa chienne ne serait pas éternelle, elle savait qu’un jour il lui faudrait la perdre, mais elle ne l’acceptait pas, c’était au-dessus de ses forces.

 

Alise devenait de plus en plus l’objet de toutes ses attentions.

 

Tout le soin que la vieille dame prenait d’elle, devrait c’est sûr, garantir une plus longue et meilleure vieillesse à sa chienne. Alors la vie était réglée autour du vieil animal, et les emplois du temps et déplacements aménagés pour son confort.

 

Alise en venait à exercer une sorte de tyrannie passive sur la vieille dame. Comment même penser à refuser quoique ce soit à une vieille chienne si douce et si près de sa fin, il aurait fallu n’avoir pas de cœur.

 

La vieille dame n’en manquait pas, de cœur, et qui faiblissait d’ailleurs. De visites en visites, chez le médecin pour l’une et le vétérinaire pour l’autre, on voyait s’allonger la liste des médicaments de chacune.

 

 

 

A chaque malaise d’Alise, la vieille dame affolée répondait par une attention anxieuse et redoublée ; elle guettait chaque hoquet, chaque essoufflement, chaque perte d’appétit comme un signe menaçant d’une fin redoutée, haïe, insupportable.

 

Cela dura des années, car l’espérance de vie d’un Gordon était déjà dépassée depuis longtemps, mais Alise, diminuée, fatiguée, ne quittait pas sa maîtresse.

 

La vieille dame tomba malade, gravement, il fallut l’hospitaliser. Un drame pour elle, de devoir laisser sa chienne aux bons soins de son mari ; non pas qu’il fût mauvais homme, loin de là, mais Alise allait sûrement tellement s’ennuyer.

 

Les choses se passaient plutôt bien entre Alise et son maître, et la vieille chienne semblait attendre vaillamment sa maîtresse.

 

Mais les hospitalisations se sont succédées, la vieille dame ne se remettait pas et son état nécessita une lourde et délicate opération à cœur ouvert.

 

Séparée de sa vieille chienne adorée, se demandait-elle si elle la reverrait jamais vivante ? Elle parlait assez peu de cette séparation douloureuse, elle voulait juste rentrer chez elle au plus vite près d’Alise, mais son état de santé ne le permettait pas.

 

Alise avait maintenant 15 ans ½ de plus en plus fatiguée, vacillante, s’amaigrissant, elle tenait bon cependant.

 

La vieille dame put enfin rentrer chez elle pour de bon, après maintes hospitalisations de plusieurs semaines chacune, où les séparations étaient devenues de plus en plus angoissantes pour elle.

 

Extrêmement affaiblie, sapée par toutes les épreuves de la maladie et de l’opération, la vieille dame devait encore affronter le lent dépérissement d’Alise.

 

 

 

La chienne avait maintenant 16 ans, elle ne marchait plus qu’avec difficultés. Elle dormait de longues heures durant, et quand péniblement elle se relevait et non sans aide sortait dans le jardin, squelettique, il lui arrivait encore de sautiller maladroitement, comme secouée par une étrange joie.

 

De ce moment là, on ne sut plus laquelle tenait l’autre en vie. Jusqu’ici, il avait semblé que la vieille dame voulant tellement garder sa chienne, celle-ci en avait trouvé la force de continuer à vivre.

 

Voilà que maintenant, c’est comme si Alise ne se permettait pas de mourir, pour ne pas précipiter dans la mort avec elle, sa maîtresse bien trop diminuée par la maladie.

 

Leur entourage en craignait de les voir basculer ensemble. La vieille dame s’épuisait à continuer de prendre soin de sa vieille chienne de plus en plus dépendante, incontinente, confuse parfois maintenant au point de se perdre dans le jardin.

 

Mais quel ancien tourment faisait craindre tant la mort de son vieux chien, à la vieille dame malade ? Quelle ancienne douleur, quelle ancienne blessure non cicatrisée lui rendait-elle impossible l’idée qu’Alise devrait la quitter ?

 

Car enfin, la pauvre bête, épuisée, sourde, raidie par les ans, dédaignant de plus en plus tous les petits plats sans cesse renouvelés dont elle était si gourmande, n’en pouvait visiblement plus de s’éterniser.

 

La vieille dame semblait aveugle à cette grande souffrance de l’animal qui pourtant aurait dû susciter sa compassion ; il lui fallait trop ne pas voir, ne pas entendre, ne pas penser qu’Alise pouvait souffrir.

 

Fermée à cette réalité trop insupportable, elle se tenait un discours menteur qui laissait son entourage effaré devant un tel déni, désemparé, incapable de mieux défendre le droit à la mort de la vieille chienne, aux yeux de sa maîtresse.

 

Alise se mit à ne plus pouvoir boire, puis à ne plus vouloir s’alimenter du tout, deux jours durant.

 

 

 

La vieille dame m’appela pour lui porter secours.

 

Arrivée sur place je trouvais la vieille chienne exténuée par une matinée passée à errer nerveusement dans la maison et le jardin, obligeant sa maîtresse à la soutenir tant bien que mal, à la relever à chaque chute.

 

À mon approche Alise s’apaisa, s’effondra, je crus qu’enfin trop épuisée, elle allait s’éteindre. Doucement je me tins près d’elle, puis encore plus près, bientôt je pus la caresser, puis la tenir dans mes bras, lui parler tout bas.

 

Prendre tout contre moi l’animal décharné me fut d’abord difficile, j’ai dû apprivoiser ma propre peur de la mort, pour venir frôler, puis enfin contenir celle des Deux qui ne pouvaient se quitter.

 

Alise semblait se laisser aller, je ne sais si elle m’entendait lui dire qu’elle avait gagné le droit de partir, le droit d’aller rejoindre la paix, la lumière…

 

Ma tête contre la sienne, combien de temps sommes-nous restées ? Je guettais sa respiration, croyant parfois ne plus la percevoir. J’aspirais pour Alise à une fin comme celle-ci, un départ tranquille, dans un souffle qui s’arrêterait…Une fin toute en douceur qui stopperait la violence que la vieille dame et sa chienne mettaient à ne pas pouvoir se séparer.

 

La vieille dame et son mari m’avaient laissée seule depuis longtemps avec Alise. Espéraient-ils follement que se produise quelque miracle, souhaitaient-ils secrètement que leur chienne meure simplement dans mes bras, alors qu’eux même n’auraient pu le supporter ?

 

Un peu médusée, je vis le vieil animal comme se réveiller, puis se redresser, faire effort pour parvenir enfin à se relever ; moi qui croyais son dernier souffle arrivé…

 

Maintenant taraudée par un mal de tête qui enflait de plus en plus, je ne pus qu’accompagner Alise dans ce qui allait devenir une folle errance dans le jardin.

 

 

 

Sous un soleil éclatant de milieu de journée, je suivis la vieille chienne qui de sa démarche plus qu’incertaine, divaguait plus qu’elle n’allait. Plusieurs fois elle trébucha, s’écroula. Je croyais chaque fois qu’elle ne se relèverait pas, que c’était la fin. Elle parvenait pourtant à se redresser, et je continuais de la suivre, anxieuse, un peu désarçonnée, devant ce comportement que je cherchais à m’expliquer. Puis j’ai accepté de seulement l’accompagner, sans vouloir quoi que ce soit et pas même comprendre, comme plus tôt dans l’après-midi, quand penchée sur elle, je n’avais fait qu’être là, rien qu’être là près d’elle.

 

Alors je fus sûre soudain que l’on ne pouvait pas mourir sous une telle lumière, dans une telle clarté.

 

Ce soleil éclatant qui faisait jaillir la vie, empêchait de mourir. Je vis enfin qu’Alise dans cette errance cherchait à gagner l’ombre ou une pénombre, comme une cache.

 

Doucement j’essayai de la faire retourner dans la maison ; j’y parvins péniblement, et là je demandai à ce que l’on fermât un peu les volets. Il me semblait de plus en plus qu’il faudrait aider Alise à mourir.

 

Cette décision ne m’appartenait pas, mais je devais offrir à ces Trois qui ne savaient que faire, la force qu’ils n’avaient pas d’affronter la mort légitime.

 

Qui étais-je pour décider que cet animal devait mourir maintenant et pas plus tard ? que savais-je de ses souffrances ? laquelle d’abord était la plus grande, celle de son pauvre corps trop vieux, ou celle de son âme de chien immensément fidèle, qui ne pouvait pas trahir sa vieille maîtresse qui lui exigeait de ne pas la laisser seule ?

 

Je pris néanmoins le parti d’essayer de convaincre ses maîtres, de soulager Alise du poids de cette vie de douleurs.

 

D’ailleurs celle-ci de plus en plus agitée semblait se débattre, ne sachant plus où se mettre, ni que faire de sa peau de misères.

 

La vieille dame affligée semblait céder, admettre l’indignité de son désir de vouloir retenir encore son Alise. Puis l’instant d’après, affolée à l’idée de cet irrémédiable, aveuglée de douleur, elle approcha avec un plat de je ne sais quoi, le mis sous le nez du pauvre animal mourant, dans l’espoir fou qu’il susciterait son appétit.

 

 

 

Mise au centre de ce tableau surréaliste, je décidai non sans mal de soutenir davantage l’animal que la maîtresse.

 

Il leur fallait ma force et mon assurance, que le vétérinaire soulagerait et rendrait douce la fin de leur animal, dont la vie d’ailleurs ne serait abrégée que de quelques heures, tellement maintenant sa fin était proche.

 

Je les ai accompagnés tous les trois jusqu’au bout ; j’ai tenu la vieille dame tout contre sa chienne quand le vétérinaire a fait glisser dans les veines le liquide qui endort et celui qui fait mourir sans souffrance.

 

Alise s’est laissée faire sans se défendre comme presque déjà partie. La vieille dame a laissé faire aussi, elle avait capitulé ; son mari, lui, s’est tenu éloigné n’ayant pu affronter de près, la mort de l’une et l’immense douleur de l’autre. Alise avait 16 1/2 ans.

 

Il me restait encore à terminer mon travail, c’est à dire à les aider tous deux à accepter l’insupportable. Il me semblait qu’il ne fallait pas les séparer brutalement du vieil animal.

 

Tous deux souhaitaient une crémation pour Alise. Je proposai qu’ils puissent garder la vieille chienne près d’eux pour la nuit, pour la voir morte mais apaisée enfin, délivrée de son manteau de vieillesse douloureuse.

 

Pour qu’ils entament un vrai deuil, il me fallait les aider à regarder en face la fin de la vie. La force de ma présence pouvait leur permettre d’accompagner leur Alise jusqu’à l’acte de crémation. La vieille dame ne s’y est pas dérobée. Je l’ai soutenue jusque dans cette dernière et douloureuse démarche d’immense respect pour sa vieille chienne.

 

 

 

Cette ultime épreuve vécue de la crémation lui laissera à jamais l’irremplaçable réconfort de ne s’être pas détournée, de n’avoir jamais abandonné son animal chéri, en l’accompagnant même jusqu’après la mort du corps.

 

Je garde d’Alise, le souvenir ému d’un chien pathétique qui ne voulait pas faillir. "

 

 

 

Danièle Mirat

Modifié par Invité

Posté(e)

C'est magnifiquement raconté, boulversant.

Posté(e)
:cry::cry: Que c'est douloureux... Quand je pense que je pleure déjà maintenant rien qu'à l'idée de perdre mon Dougie (qui n'a que 3 ans) je n'ose même pas imaginer ce que serait ma peine et ma douleur dans quelques années, quand sa vie aura passé. J'espère ne jamais aller si loin.
Posté(e)

tres emouvant et effectivement tres bien raconte

Posté(e)

là où finit l'amour commence l'acharnement et l'aveuglement

très triste et pathétique

bravo pour votre courage et soutien moral :cry:

Posté(e)

Quel magnifique acte d'amour d'Alice, de ses vieux maîtres et de vous-même. J'ai aidé moi-même au départ de plusieurs vieux chiens dont les maîtres effondrés ne pouvaient rester près d'eux, malgré tout leur amour. Je sais donc que c'est une dure épreuve pendant laquelle on ne peut que donner soi même tout son Amour de nos compagnons. Merci pour ce que vous avez donné ce Jour-Là.

Posté(e)

très belle histoire et il a fallut beaucoup de courage à cette personne agée pour pouvoir accompagner sa chienne jusqu'au bout

Posté(e)

histoire qui fait remonter a la surface nos douleurs de la perte d un animal que l on croit garder longtemps pres de soi

c est tres boulversant et magnique a la fois

Posté(e)

C'est trop triste et touchant cette histoire :cry:

mais tellement vrai :!:

 

REGINE ARSENE ET SON HAREM

Posté(e)

:cry::cry: trop triste mais tellement vrai !

une epreuve la separation d'avec notre compagnon cheri, je redoute ce moment , ma whipp cherie de bientot 15ans , subit de jour en jour les affres de la vieillesse :cry: , mais je sais que lorsque son heure sera la , le plus beau geste d'amour que je lui offrirais si il le faut , c'est l'aider a partir dignement!

Posté(e)

quelle histoire poignante

 

le plus insupportable , c'est de voir son animal souffrir. On voudrait souffrir a la place.

La mort, apres un long cheminement aux cotes de son maitre, est une étape a laquelle il faut se préparer. La vieille dame n'etait pas prete, et , aveuglée par son désir obsessionnel de maintenir sa chienne en vie, elle ne voyait pas toutes les souffrances endurées par sa chienne.

Elle lui refusait le droit de partir.

 

c'est bizarre. Mon chien etait malade et vieux, 13 et demi, je savais qu'il arrivait a la fin et je devais partir en Afrique pour un séjour professionnel de 4 mois. Laisser mon chien etait un déchirement, et j'apprehendais de ne pas le retrouver. Au fond de moi, je savais que c'etait la fin. Il avait un souffle au coeur. J'ai pris 15 jours de congés avant mon départ, pour me consacrer entierement a lui. je l'ai veillé, encouragé, entouré, soigné tendrement. Parfois, il faisait une crise violente, mais se remettait . Je l'ai sorti une dreniere fois et j'ai pleuré a ses cotes, car je savais que c'etait notre derniere promenade. Je suis partie le lendemain.

Il est mort d'un arret cardiaque, le lendemain, alors que j'etais dans l'avion pour Dakar.

C'est comme si, moi partie, il a abandonné la lutte, et s'est laisser aller a son sort.

Il est mort tres vite, d'un arret du coeur (sans souffrir longuement comme je le redoutais par dessus tout.)

je n'ai aucun regret, car je l'ai accompagné en quelques sortes. Il est parti vite. Je lui ai offert une vie plutot heureuse, faite de ballades, de calins, d'attentions. Il a été aimé.

J'ai vécu pour la premiere fois le deuil d'un etre cher. C'etait lui.

Posté(e)

Votre lettre est très touchante,très bien écrite...Bravo pr votre dévouement et votre soutien.Je suis très admirative.

Posté(e)

:D:D:D:D

 

bravo, c'est vraiment une histoire très humaine. c'est le le genre d'histoire qui nous font nous rappeler que nous sommes TOUS (MEME SI BEAUCOUP L'OUBLIENT) d'abord des personnes douées de sentiments altruistes avant d'être des personnes égoïstes.

Account

Navigation

Rechercher

Rechercher

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.